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Un nouveau livre sur
le FRONT POPULAIRE
Je signale la parution du dernier ouvrage
de Pascal-Eric Lalmy
qui porte plus précisément
sur l'implication des couches moyennes
durant
la période allant de 1934 à 1938
Pour commander l'ouvrage :
yves.bertrand1@club-internet.fr

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Pascal-Eric Lalmy a dirigé la rédaction d'un ouvrage
sur la laïcité qui complète
l'exposition sur le centenaire de la loi de 1905.
Vous pouvez le commander en m'envoyant un email :
yves.bertrand1@club-internet.fr

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C'est ma vie...

J'ai 57 ans, je suis marié, père de 3 enfants, ma vie politique se mêle à mon parcours professionnel. Ajusteur mécanicien, premier métier appris "aux Vikings" le Collège technique du Boulevard Amiral Mouchez. J'ai travaillé aux Corderies de la Seine, à Tréfimétaux et au Thé Lipton où j'ai exercé mes premières responsabilités syndicales. Il n'y avait qu'un syndicat CGT, j'ai appris à l'aimer... puis à le diriger : 90% du personnel était syndiqué ! En 75, j'avais 23 ans, c'est moi qui ai mené la lutte (victorieuse) pour l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes en occupant l'usine pendant 22 jours... et 22 nuits ! J'ai été heureux d'être permanent syndical pendant 10 ans puis membre du cabinet des élus (PS-PRG) à la Mairie du Havre. A 42 ans j'ai entrepris des études supérieures qui m'ont permis d'obtenir une maîtrise de sociologie. J'ai alors été responsable d'un chantier d'insertion avant d'accepter, d'être l'assistant parlementaire de Paul Dhaille le député de la circonscription la plus ouvrière de la Seine Maritime (6e circonscription de 1997 à 2002). En 2002, parce que le PCF s'est abstenu au deuxième tour (dans les 3 communes du canton d'Harfleur, dirigées par le PCF, le nombre de voix de Paul Dhaille est inférieur au total des voix de gauche du 1er tour !) c'est donc la droite qui a gagné avec ... 252 voix d'avance ! Après 2,5 ans de chômage, j'ai créé mon propre emploi en "montant "une association nationale de formation d'élus dont je suis fier qu'elle détienne maintenant l'agrément ministériel. "La vie continue, je reste animé de la même ambition : à la seule force des convictions, faire gagner la Gauche, pour que ENSEMBLE la vie soit plus belle, plus fraternelle et plus heureuse pour tous."

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Mercredi 11 novembre 2009
BLANCHE MAUPAS

BLANCHE MAUPAS Films - Histoire 

Origine : Fra. (2009) Stéréo.
Scénario : Alain Moreau.

Réalisation : Patrick Jamain.
Distribution : Romane Bohringer (Blanche Maupas), Thierry Frémont (Théophile Maupas), Jean-François Garreaud (Albert), Sören Prévost (Vétard).

Date : 11/11/2009
Horaire : 20H35 - 22H05
Durée : 90 mn

En été 1914, Théophile Maupas, instituteur de campagne, est mobilisé et rejoint le front. Des tranchées, il écrit de longues lettres à son épouse, Blanche, institutrice elle aussi. Début mars 1915, elle reste sans nouvelles pendant plusieurs jours, avant d'apprendre que Théophile a été fusillé pour l'exemple avec trois de ses camarades car ils auraient refusé, avec d'autres soldats, de monter à l'assaut. Blanche comprend aussitôt qu'on lui ment et décide de mettre au jour la vérité. Seule, elle recueille des témoignages et cherche des preuves. Elle veut que l'Etat reconnaisse sa culpabilité et réhabilite son mari. Peu à peu, elle mobilise l'opinion...


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Mercredi 11 novembre 2009
A l'initiative du groupe Havrais de la LIBRE PENSEE, de l'ARAC, du Mouvement de la Paix, de la Ligue des droits de l'Homme, une manifestation était organisée hier,
10 novembre au pied du monument aux morts du Havre.
Je vous livre ici l'intégralité du discours prononcé par
Claude GONTRAN de la Libre Pensée au nom des organisations présentes.
C'est un peu long, certes, mais l'horreur de la guerre, de toutes les guerres, vaut bien une pause de 5 minutes dans la calvacade de votre journée


Amis, Citoyens,

Je prends la parole au nom des quatre organisations havraises à l’initiative de cette commémoration des fusillés pour l’exemple, l’Association Républicaine des Anciens Combattants, la Libre Pensée, la Ligue des Droits de l’Homme et le Mouvement de la Paix.
Je remercie pour leur présence et leur soutien les élus de l’opposition ici présents.
Des rassemblements comme celui-ci, il y en a aujourd’hui dans toute la France, avec une exigence commune : il faut obtenir la réhabilitation complète des Fusillés pour l’exemple de la Guerre de 1914-1918.
Par notre action incessante et féconde, nous avons amené le Président de la République à reconnaître, dans son discours du 11 novembre 2008, la pleine et entière justesse et justice de notre combat. Il n’a manqué qu’un mot : réhabilitation !
D’ores et déjà, cinq Conseils généraux ont adopté des résolutions en direction de la Présidence de la République pour demander cette réhabilitation. Il s’agit de l’Aisne, de l’Allier, de la Corrèze, de l’Oise et de la Haute-Saône.
Nous nous félicitons que le Président du Conseil régional des Pays-de-Loire se soit adressé aussi à Nicolas Sarkozy pour demander cette réhabilitation. A l’initiative de la Libre Pensée, des milliers de signatures ont été recueillies sur la Lettre ouverte au Président de la République pour cette réhabilitation. Nous vous appelons à la contresigner massivement.
Au Havre, nous nous félicitons qu’un vœu ait été présenté au conseil municipal du 8 juin dernier par Dominique Mutel au nom de l’opposition PCF, PS, Radicaux et Verts, pour demander la réhabilitation de tous les fusillés de 14-18, dont les quatre hommes du 129ème RI, Marcel Duchemin, Marcel Lebouc, Adolphe Lefrançois et André Mille. Nous regrettons que la majorité municipale, UMP et MODEM, n’ait pas adopté ce vœu.
A Gonfreville l’Orcher, un tel vœu a été adopté à la majorité du conseil municipal ; à Montivilliers, c’est même à l’unanimité que le vœu  a été retenu.
Ce qui est possible à Montivilliers ne l’est-il pas au Havre ?
Nous nous félicitons également que le Président du Conseil Général de Seine Maritime nous ait fait savoir qu’il compte saisir le Président de la République de notre demande, et qu’un représentant du même Conseil Général soit présent parmi nous.
Un large mouvement d’opinion est donc engagé pour que l’hommage de la République soit enfin rendu à tous ces hommes victimes de la folie de la guerre et de la barbarie militaire.
Amis, Citoyens,
Il fut un temps :
- Où on enrôla les hommes en les faisant quitter les villes et les campagnes.
- Où on les mystifia par des discours pleins d’ostracisme et de haine contre leurs frères des autres pays.
- Où on les revêtit d’un uniforme, différent selon les frontières.
- Où ils  furent garance, puis bleu horizon d’un côté du Rhin.
- Où, de l’autre côté, ils étaient feldgraus.
Alors, la question était posée et se pose toujours : Qu’est-ce qu’un homme ?
Son uniforme,  son casque, son fusil ?
Le fusil et sa ligne de mire sont-ils l’horizon indépassable du militaire en temps de guerre ?
En bref, qu’est-ce qui est le plus important : la manière de tuer ou la manière de vivre ?
Amis, Citoyens,
Le bilan de la Première Guerre mondiale est effroyable. Pour notre seul pays : 1 397 000 soldats et 300 000 civils morts, 4 266 000 blessés dont 740 000 mutilés, 640 000 veuves, 760 000 orphelins.
A cette horreur s’ajouta la terreur instituée pour faire obéir les hommes. Après l’échec de l’offensive en Lorraine, en août 1914, le général Joffre, commandant en chef des armées, demanda l'instauration de cours martiales. Messimy, ministre de la Guerre,
 donna alors aux autorités militaires des pouvoirs exceptionnels. 
D’août 1914 à septembre 1918, les conseils de guerre ont prononcé 2 500 condamnations à mort ; avec les exécutions sommaires (les officiers pouvaient alors légitimement abattre sans jugement un soldat), ce sont plus de 600  soldats qui ont été fusillés "pour l'exemple", des hommes choisis au hasard - ou aussi en raison de leur engagement syndical comme les ouvriers maçons Baudy, Prébost et Morange - jugés rapidement par des conseils de guerre spéciaux improvisés, condamnés à mort au moindre doute, sans moyen de se défendre, sans recours possible.
Insulter un officier ou s’endormir lors d’une garde, se dissimuler pour éviter de monter à un assaut suicidaire ou ne pouvoir y monter en raison de l’épuisement ou d’un état de choc psychologique, battre en retraite sans y être autorisé alors qu’on faisait partie des rares survivants d’une attaque, refuser d’aller rejoindre dans la mort des milliers de camarades des précédentes vagues d’assaut, proférer des propos jugés séditieux alors que l’on est saoul, autant de prétextes à des condamnations à mort par des officiers qui voulaient à tout prix imposer leur autorité, voire exorciser l’incompétence criminelle du Haut Commandement comme lors de l’offensive d’août 1914 ou celle du Chemin des Dames en 1917.
A la Chambre des députés, Pierre Brizon, qui avait participé à la conférence internationale contre la guerre à Kienthal en 1916,  déclara : “  J’appelle ici l’attention du gouvernement et de la Chambre en m’adressant à leurs sentiments de sympathie et de justice pour le soldat du front, plus de peine de mort pour des coups de tête. Messieurs, à l’heure où je parle on fusille les soldats sur le front ! Des balles françaises assassinent des soldats français. Nous réclamons la même discipline pour les officiers que pour les soldats. Ne fusillez pas les généraux, je ne le demande pas. Mais ne fusillez pas non plus les soldats au nom de la discipline ”.
Pour les familles des “ traîtres ”, pour leurs veuves et leurs orphelins, s’ajoutèrent au deuil le déshonneur public, l’humiliation face aux monuments aux morts où ne figuraient pas les noms des “ lâches ”, le refus des pensions de guerre. Contre cette humiliation, c’est le combat de Blanche Maupas, veuve d’un fusillé pour l’exemple, que nous vous proposons de célébrer demain à notre manière en regardant le téléfilm qui lui sera consacré sur la 2 à 20h35.
Dès la fin de la guerre, des familles de fusillés pour l’exemple engageront le combat pour la réhabilitation avec l’appui de la Ligue des Droits de l’homme, d’associations d’anciens combattants, de syndicats, députés et partis.
40 victimes seront réhabilitées avant que n’éclate la seconde guerre mondiale.
Depuis 1988, la Libre Pensée a été à l’initiative de rassemblements le 11 novembre contre la guerre, revendiquant notamment que les fusillés pour l’exemple soient réhabilités. 
En 2008, sur le chemin des Dames, à Craonne, nos associations ont organisé un rassemblement national sur cette exigence de justice.
La réhabilitation doit devenir réalité ! Tous les fusillés pour l’exemple de 1914-1918 doivent réintégrer sans réserve la mémoire collective, à égalité avec les autres victimes de la terrifiante boucherie humaine qui ensanglanta le monde au début du vingtième siècle.
A l’heure, où le monde entier résonne encore des bruits de la guerre, où pas un continent n’est épargné par les massacres commis en uniforme, où la peur des hommes, des femmes, des enfants, de vieillards est sans cesse alimentée par la violence d’autres hommes en treillis,  le gouvernement français fait voter un budget militaire de 32 milliards d’euros.
Ce budget est la conséquence de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN et du vote de la Loi de programmation militaire 2009-2014 qui engloutira ces prochaines années 186 milliards d’euros au bénéfice de la Défense,
dont 102 milliards seront consacrés à l’équipement des forces.
Et la guerre continue   en Afghanistan où les troupes tricolores participent de la répression et des massacres contre les populations civiles. L’armée française est présente sur tous les continents pour faire régner un ordre qui n’est pas celui des peuples et des nations libres. Aujourd’hui, près de 2,50% du Produit Intérieur Brut est consacré aux armements et à la guerre.
 Il en faudrait à peine 1% pour faire disparaître la faim dans le monde !
Comment ne pas penser à ce que proclamait le Manifeste de Zimmerwald en 1915 : “ Les institutions du régime capitaliste qui disposent du sort de peuples, les gouvernements (monarchiques ou républicains), la diplomatie secrète, les puissantes organisations patronales, les partis bourgeois, la presse capitaliste, l’Eglise - sur elles repose toute la responsabilité
de cette guerre, surgie d’un ordre social qui les nourrit. ”
Comment ne pas relever aussi la clairvoyance du Manifeste de Kienthal en 1916 : “ Ni vainqueurs ni vaincus, ou plutôt tous vaincus, c’est-à-dire tous saignés, tous épuisés : tel sera le bilan de cette folie guerrière. Les classes dirigeantes peuvent ainsi constater
la vanité de leurs rêves de domination impérialiste…
Le vrai but de cette boucherie mondiale est, pour les uns de s’assurer la possession du butin qu’ils ont rassemblé pendant des siècles et au cours d’autres guerres ; pour les autres d’aboutir à un nouveau partage du monde, afin d’augmenter leur lot en annexant des territoires, en écartelant des peuples, en les rabaissant au niveau des parias. Vos gouvernements vous disent qu’il faut continuer la guerre pour tuer le militarisme. Ils vous trompent. Le militarisme d’un peuple ne peut être ruiné que par ce peuple lui-même. Et le militarisme devra être ruiné dans tous les pays….
Voilà le parti des prolongeurs de la guerre. A lui les forces gouvernementales, à lui les journaux menteurs, empoisonneurs des peuples, à lui la liberté de propagande pour la continuation des massacres et des ruines. Et à vous, les victimes, le droit de vous taire et de souffrir l’état de siège, la censure, la prison, la menace, le bâillon….
Peuples qu’on ruine et qu’on tue, debout contre la guerre ! Courage ! N’oubliez pas que, malgré tout, vous êtes encore le nombre et que vous pourriez être la force. Que dans tous les pays, les gouvernements sentent grandir en vous la haine de la guerre et la volonté de revanches sociales,
et l’heure de la paix sera avancée. ”
Il suffirait de remplacer le mot “ militarisme ” par celui de “ terrorisme ” pour voir que rien n’a vraiment changé. Il y en a parmi nous qui peuvent témoigner que c’est au nom de la lutte contre le terrorisme qu’on leur a ordonné d’aller se battre contre un peuple en Algérie.
Combattre pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple, ce n’est donc pas un simple devoir de justice pour le passé, c’est un formidable message pour le présent et l’avenir.
Réhabiliter les Fusillés, c’est refuser l’arbitraire et le crime en toutes circonstances, d’où qu’ils émanent, et c’est admettre comme principes démocratiques fondamentaux le droit à la désobéissance, le devoir de conscience et le désir de survivre.
Qui peut prétendre que ce monde inquiet, qui sent la poudre, à force de s’armer et de se  sur-armer, pourra, un jour, éviter le conflit général ? Qui peut  prétendre que nous, ou nos enfants, ne devrons pas revêtir un jour l’uniforme pour défendre des intérêts qui ne sont pas les nôtres ? Qui peut prétendre que la folie de quelques-uns n’entraînera pas le cataclysme pour tous les autres ?
Jean Jaurès, dont on fête le 150e anniversaire de la naissance cette année, avait eu une claire vision des problèmes posés. Dans son dernier article, le jour de son assassinat, le 31 juillet 1914, il écrivait : “Le péril est grand, mais il n’est pas invincible si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous savons avoir à la fois l’héroïsme de l’action. La vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir. …. Ce qui importe avant tout, c’est la continuation de l’action, c’est le perpétuel éveil de la pensée et de la conscience ouvrière. Là est la vraie sauvegarde. Là est la garantie de l’avenir ”.

Tel est le combat que nous vous proposons de mener ensemble et jusqu’au bout, sans trêve ni relâche.
Je vous remercie.


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Samedi 7 novembre 2009
  Il est courant aujourd'hui,
20 ans après, de célébrer la chute du mur de Berlin

comme une suite logique de l'histoire des peuples qui se libèrent !

Je veux bien céder moi aussi à cette tentation, elle est agréable et bonne à entendre ! Mais il ne faudrait pas oublier que c'est sur notre silence et parfois notre complaisance face au bloc soviétique que, depuis la conférence de Yalta qui sépara l'Europe en deux entités,  les peuples de la RDA, de Pologne, de Hongrie, de Tchécoslovaquie et de Bulgarie ont vécu pendant près de 50 ans !

Car nos soutiens étaient nombreux, j'en ai été acteur malgré moi, même si j'ai souvent refusé de soutenir telle ou telle position de la CGT, puisque de 1973 à 1986 j'ai été responsable syndical gravissant tous (ou presque !) les échelons de responsabilités les uns après les autres.


Je voudrais donc en ces jours anniversaires qui marquèrent la fin du clivage entre l'Est et l'Ouest vous livrer une conversation entre Henri Krazucki et moi en 1984 et qui montre  le long chemin qu'il a fallu parcourir pour arriver à la chute du mur de Berlin.

C'était donc en juillet 84, je suis permanent de la fédération CGT de l'agroalimentaire et  la confédération me demande de participer à une rencontre, en RDA, entre la CGT et son homologue le DGB (unique syndicat de la Rda). Nous sommes quatre à accompagner Krazu (comme on l'appelait familièrement) : le secrétaire confédéral aux questions européennes, une responsable de la fédération du textile, un cadre de la fédération de la métallurgie et moi.

Je savais que j'étais le seul socialiste (à cette époque j'étais adhérent du PS) de cette délégation et par ma présence, de fait, je devrais cautionner tout ce que nous allions rencontrer ! Mais il m'était donné de voir la RDA de plus près, je ne voulais pas passer à coté de l'occasion.

C'est ainsi que nous fûmes reçu par les premiers responsables du DGB allemand, ( Krazucki avait quasiment rang de chef d'état) que nous avons fleuri le monument à la gloire de Karl Marx, tenu meeting dans une entreprise, été reçu triomphalement avec fleurs et haies d'honneurs dans une filature et bien sûr, comme pour prouver leur aisance, déjeuné-collationné-soupé à tous moments de la journée.

Pas trop naif, je me doutais bien que Krazu m'avait enmené avec lui pour mieux me connaitre, mais aussi pour me tester notamment sur cette question essentielle (à l'époque) chez les communistes de la CGT : mon opinion vis à vis de l'Union soviétique, "le pays du socialisme réel, celui du bilan globalement positif " comme il était convenu dans la Cgt en ces temps là.

Je me méfiais donc de mes déclarations publiques ou privées lorsque, la fin du voyage approchant, Krazucki profita d'une promenade disons "digestive" en forêt pour m'entreprendre en particulier.

Nous marchions en file indienne, il était devant moi, je fermais la marche quand je le  vis ralentir son pas et se retourner prestement vers moi. Je m'arrétai alors , il me tint  des propos inimaginables aujourd'hui : "tu vois les Polonais, c'est pas terrible, la Hongrie, la Bulgarie, les tchèques, y a des choses à dire, même les russes y a des choses qui peuvent être critiquables, mais la RDA, t'as vu", il me saisit alors par les poignets, "au niveau économique, social, démocratique, c'est ce qu'on peut rêver de mieux pour notre pays !"

Tout cela droit dans les yeux bien évidement ! Comment répondre tout à trac à tant de choses que je ne partageais pas ?

Celui qui attendait ma éponse était le Secrétaire Général de la CGT, membre du bureau politque du PCF, le négociateur des accords de Grenelle en 68, résistant aux côtés de Rol Tangui lors de la libération de Paris ... Tout cela je devais le mesurer en  une demie seconde et lui répondre, il attend, il me fixe.

Je réponds donc : "Non Henri, je n'en suis pas convaincu !"

Il me lâche alors les poignets et sans un mot, tourne les talons. De cette seconde mon avenir (syndical !) s'est arrêté brusquement, je n'étais pas fiable vis à vis des "pays frères" et de fait, ma promotion à l'intérieur de la CGT ne devait pas aller plus loin !

Certes, il n'est jamais bon d'avoir raison trop tôt, je l'appris cette fois là de nouveau, mais aujourd'hui encore, après tout ce qu'on a découvert au moment et après la chute du mur de Berlin (les agissements de la Stasi, le mauvais état industriel, la pollution, sans parler de tout ce que nous savions déjà : parti et syndicat unique, démocratie très centralisée ...) je m'honnore d'avoir eu le courage, à 30 ans, d'affirmer mon opinion respectueuse de la démocratie telle que nous l'entendons et du mode de vie qui rassemble les peuples libres, vraiment libres, de leur destin !

Epilogue 1 : des contacts que je gardai alors avec des responsables de la CGT , m'indiquèrent qu'en 1989, le 9 novembre et après, Henri Krazucki, retraité mais toujours vaillant ... avait changé brutalement.

Le mur était tombé, le temps s'était arrêté et avec lui toute sa foi et sa conception du communisme, sa vie n'avait plus de sens ... j'accueillai ces propos sans surprise aucune !

Epilogue 2 : dans la résistance, le nom de guerre de Krazucki était ... Bertrand ! Cela ne change rien à l'affaire mais il est évident que sa déception fût peut être encore plus grande à mon égard !




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Vendredi 30 octobre 2009
Cette phrase célèbre me conduit à vous passer le dessin de Plantu
qui accompagne le journal le Monde de ce jour.
Je vous laisse le déguster !





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Vendredi 30 octobre 2009
Il est de bon ton aujourd'hui de saluer le
projet de tramway au Havre ....

Il est grand temps, car la majorité municipale n'a pas toujours été de cet avis. Il y a de cela 3 ans encore, lorsque l'opposition de gauche réclamait sa mise en oeuvre ainsi que d'autres moyens de déplacements, bus, vélos, co voiturage ... comme alternative au "tout voiture" et à l'augmentation du stationnement payant, le Maire répondait : "croyez moi, plus on attend et plus nous laissons aux autres villes le soin d'essuyer les plâtres, nous bénéficierons des meilleures technologies !
Aujourd'hui, alors que le projet est financé pour une grande partie par le Département, la Région, et les autres communes de la Codah ... tout devient possible !
Naturellement je me félicite des décisions actuelles et des modifications fortes que le tramway va apporter à la ville et à son agglomération !
Cela me fait penser à l'architecture Perret et aux louanges qu'on lui adresse aujourd'hui ... car hier, la droite décriait "ce Havre de béton froid à l'architecture stalinienne" !
Ou encore la Maison de la Culture qu'elle avait surnommé pour mieux la critiquer "le pot de yaourt" alors qu'aujourd'hui elle tresse des couronnes de lauriers à son architecte,
le communiste Oscar Neimeyer !
Mais je me félicite, là encore de ces nouvelles postures :
après tout il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !


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