Jeudi 11 octobre 2007
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Je publie le texte rendu public ce soir à l'occasion du compte rendu de mandat des élu(e)s du groupe RCV. C'est un peu long
mais il est parfois nécessaire d'entrer dans le détail pour regarder tout le chemin parcouru.
Ce texte est donc le fruit des interventions du groupe depuis 2001.
Au total près de 250 interventions décidées en réunion de groupe puis rédigées et enfin prononcées lors des séances du Conseil Municipal.
Ce travail collectif est remarquable par
sa densité d'analyse et sa constance.
Bravo les élu(e)s !
"Ce compte rendu de mandat est l’occasion de revenir sur l’action des élu(e)s Radicaux – Citoyen – Verts durant ces
7 années de mandature municipale et de voir quelle a été l’évolution des problèmes que nous avions soulevés lors de la campagne de 2001 au regard des solutions que nous avions
préconisées.
De manière matérielle, les élu(e)s RCV ont fait preuve d’une grande assiduité aux séances du Conseil Municipal (leurs absences
respectives se comptent sur les doigts d’une main) et ils sont intervenus près de 250 fois dans la discussion (sans compter les interpellations de séance). Chaque réunion du Conseil Municipal a
été préparée, d’abord par les seul(e)s élu(e)s RCV, puis en concertation avec les élu(e)s socialistes. Les votes du Groupe ont été unanimes ce qui prouve la cohésion des élu(e)s et leur volonté
de toujours trouver des solutions de compromis.
Sur le fond, l’opposition du Groupe RCV à la politique de la majorité municipale fut toujours claire, résolue et cohérente. Elle
ne fut pas systématique et elle s’est toujours voulue constructive. Nous pouvons seulement regretter que la majorité municipale ait en permanence repoussé nos propositions en votant
systématiquement contre nos amendements et nos vœux.
Le sectarisme fut l’apanage du maire et de son équipe. Le Groupe RCV s’est toujours efforcé de traiter dans ses interventions et
dans ses « libres propos » dans Océanes des problèmes des Havrais, même si nous avons pu les éclairer à la lumière de la politique nationale.
Des problèmes qui perdurent :
situation éducative préoccupante, diminution de la population,
insécurité sans solution…
Lorsque l’on examine le bilan des 7 ans de la mandature, on se rend compte que toutes les années
furent marquées par des fermetures de classes élémentaires et maternelles, voire même par celles de groupes scolaires entiers, et par la suppression de personnel dans les collèges et les
lycées.
Dans le même temps, le niveau scolaire et les résultats au Havre ont été inférieurs à la moyenne nationale. Se contentant de vœux
pieux et de déclarations lénifiantes, la majorité municipale a toujours refusé le débat sur ce problème crucial et la situation éducative de la ville n’a pas évolué. Mais si les classes et les
écoles ferment, ce n’est pas seulement dû à la politique gouvernementale, c’est aussi parce que Le Havre perd régulièrement des habitants depuis 20 ans.
De plus de 200 000 habitants, nous ne sommes plus que 180 à 185 000. A chaque fois que nous avons évoqué cette question, le maire a refusé de répondre. Cette diminution est à l’opposé de
l’évolution démographique de toutes les grandes villes de France qui voient, toutes, leur population augmenter. Il est paradoxal qu’une ville où, paraît-il, il fait si bon vivre, voie ses
habitants partir. Problèmes scolaires, problèmes de santé, difficultés à se loger dans un rapport confort-prix acceptable…, aucun diagnostic n’a été avancé et aucun remède
apporté.
Les problèmes de sécurité ont perduré durant ces 7 années. Après l’instauration de la police municipale, qui devait résoudre tous
les problèmes, le gardiennage de certains lieux publics, l’installation quasiment à demeure d’une compagnie de CRS et maintenant la vidéo-surveillance… la situation d’insécurité a continué au
Havre (braquages, voitures incendiées…). Le phénomène a même connu un pic avec la crise dite « des banlieues » qui a été particulièrement sensible, à l’image des nuits « rouges » du jour de
l’an.
Au moment de la crise, les élu(e)s RCV firent preuve de responsabilité en condamnant les violences et en appelant au retour de l’ordre républicain et, en demandant, une fois le calme revenu, un
débat pour analyser les causes de la situation et les remèdes éventuels. Ce débat, nous l’attendons toujours pour évoquer l’équilibre entre prévention et répression, le rôle social des
associations, la nécessité de la présence humaine dans les établissements et les lieux publics, l’éducation comme moyen de prévention…
Des projets toujours retardés :
la lutte contre les inondations, la politique des transports…
En 2001, nous avions soulevé le grave problème des inondations qui régulièrement dégradent les biens
des havrais et créent de nombreuses perturbations.
Régulièrement, les élu(e)s RCV ont rappelé ce problème récurrent. Beaucoup d’annonces spectaculaires ont été faites par le maire,
mais plus le temps passe, plus il est évident que l’urgence disparaît. Si quelques ouvrages secondaires ont été réalisés ou sont en cours de construction comme Demidoff, le bassin de Jenner
devrait toujours commencer fin 2007 avec plusieurs mois de retard. Quant au bassin du square Erignac, il a totalement disparu sans que les élus en aient été informés préalablement. La lutte
contre les inondations coûte cher, elle est indispensable au bien-être des havrais… mais elle n’est pas spectaculaire.
De même, la question de la circulation au Havre, si prégnante, pour des raisons d’équilibre social, de liaison entre les
quartiers et de changement de rapport avec l’environnement… le Groupe RCV n’a eu de cesse de l’évoquer dans toutes les délibérations en matière d’urbanisme (PLU, SRADT, SCOT…).
A chaque fois, les réponses furent dilatoires ; le maire et sa majorité ne sont pas convaincus que le TCSP (« le tramway ») modifie profondément les rapports sociaux, sociétaux et urbains.
L’horizon est maintenant fixé à 2012 et, faute de « volonté politique », ce sont plusieurs années qui ont été perdues. Pour les élu(e)s RCV, le TCSP était et demeure une priorité absolue pour
laquelle trop de temps a été gâché. La politique municipale des transports s’est limitée à l’extension du stationnement payant sans réflexion d’ensemble sur les déplacements
urbains.
Les problèmes qui se sont aggravés :
la coupure ville haute – ville basse…
Notre propos n’est pas de dire que rien n’a été fait dans les quartiers de logements sociaux du Havre
et les élu(e)s RCV ont voté les délibérations qui permettaient l’amélioration des conditions de vie des habitants de ces quartiers avec, d’ailleurs, des crédits « extérieurs » importants
provenant du Conseil Général, du Conseil Régional, de l’ANRU et de l’Union Européenne.
Malheureusement le rééquilibrage social et urbain qu’il aurait été possible d’accomplir en réalisant des logements sociaux en
ville basse a été largement raté. La plupart des réalisations spectaculaires d’immeubles dans le centre-ville ont été confiées à des promoteurs privés (la Grande Poste devenue le Vendôme, l’école
de La Mailleraye vendue à Bouygues, les anciens cinémas Gaumont, le quartier Saint-Nicolas dont 7 lots sur 8 ont été confiés au privé…). Il y avait là une chance de mettre en place une véritable
mixité sociale, elle a été perdue. Les Havraises et les Havrais admirent des résidences de standing dans lesquelles ils ne pourront jamais habiter. C’est un peu comme les paquebots qu’ils voient
de loin sans pouvoir les approcher.
L’équilibre développement économique / qualité de la vie :
un problème non résolu !
Le Conseil Municipal a dû donner à plusieurs reprises son avis sur l’installation ou le développement
d’entreprises industrielles. Loin de refuser ces dossiers, les élu(e)s RCV ont voulu être des acteurs de ces projets et non une chambre d’enregistrement de dossiers « tout ficelés ». Nous avons
donc déposé des amendements pour que soient respectées les normes de sécurité pour le personnel, la qualité et les conditions de travail des entreprises sous-traitantes, les conditions de vie des
riverains et de la population en général… A chaque fois la majorité municipale a repoussé ces amendements. Ces refus réitérés ne nous découragent pas et nous continuons de croire que les élu(e)s
municipaux sont garants des intérêts économiques et sociaux de la population, mais aussi de ses conditions de vie.
De même, lorsqu’il a été question des commerces du Havre, le Groupe RCV s’est battu pour que, à côté des grands pôles du
centre-ville (Espace Coty, Docks…) ou périphériques (Mont-Gaillard, Montivilliers, Gonfreville l’Orcher…), soient conservés des pôles de proximité dans les quartiers qui sont nécessaires aux
relations humaines et sont aussi des gisements d’emplois et d’activité. Si la majorité en a toujours parlé dans ses textes, il ne s’agit là que de « bonnes intentions » sans volonté politique
concrète.
Conditions de vie des Havrais :
un bilan contrasté !
Pour ce qui est des conditions de vie des Havrais et de leur environnement, la situation est pour le
moins contrastée. Si nous avons approuvé la création des jardins suspendus de l’ancien fort de Sainte-Adresse, nous avons constaté que nos propositions de créer davantage d’espaces verts au Havre
(site de la prison, terrains SNCF…) ou de protéger les arbres remarquables avaient toutes été repoussées. De même, la commission sur la réglementation de la publicité n’a jamais vraiment
fonctionné.
Les conditions d’accès dans les crèches sont toujours si difficiles que la presse s’en fait l’écho. Quant à l’accueil des personnes âgées, beaucoup de RPA ont été fermées sans que l’on sache
quelle est la politique municipale en matière de vieillissement de la population et face aux maladies dégénératives (Alzheimer, Parkinson…). Sans parler du logement-étudiant qui demeure sans
solution.
Sur le plan des services, Le Havre a connu son lot de fermetures et de « réorganisations » (laboratoire municipal, Services des
Douanes, la Poste…). La majorité municipale ayant elle-même parfois créé les problèmes avec une volonté affichée de « tirer la qualité vers le haut » ce qui a provoqué la disparition de services
populaires (certains commerces de la plage, camping municipal…).
Le Groupe RCV est aussi intervenu face à la politique « cinématographique » de la majorité ; au terme de ces 7 années, les Gaumont ont disparu, les Clubs ont été temporairement sauvés et Le
Studio a failli disparaître. Les élu(e)s RCV ont le sentiment que ces problèmes quotidiens n’intéressent pas le maire et sa majorité qui n’interviennent qu’au coup par coup quand ils se
présentent, sans réflexion ni plan d’ensemble pour les traiter. De même la politique de la santé a fait la part belle au privé (les Ormeaux, Clinique de l’Estuaire) alors que le GHH connaît de
terribles difficultés.
Des grands projets mal maîtrisés :
Centre de la Mer, classement UNESCO…
Si la donation SENN-FOULD fut un succès remarquable pour la Ville, les autres projets de prestige
apparaissent insuffisamment ou mal maîtrisés. Malgré nos demandes répétées (démolition du Café de Paris, le bilan financier et les contraintes architecturales du classement au Patrimoine
mondial de l’UNESCO n’ont jamais été présentés. Quant au Centre de la Mer, dès le début, les élu(e)s RCV soulevèrent des objections sur sa faisabilité financière et technique. Dès le début, nous
avons, seuls, voté contre ce projet dont nous avons remis en cause les études de fréquentation et d’équilibre budgétaire. L’avenir nous a donné raison puisque le coût est passé en quelques mois
de 23 à plus de 90 millions d’euros. Il est dommage que le maire et sa majorité soient restés sourds à nos critiques qui n’étaient que de bon sens. Quand l’opposition s’oppose, ce n’est pas
seulement pour le plaisir de s’opposer et, durant tout le mandat, le maire n’a jamais voulu entendre, ni dialoguer avec l’opposition (comme pour le parking de la CCI).
Des finances fragiles et injustes !
Lors de tous les votes budgétaires (orientations budgétaires, BP, BS, DM, budgets annexes…) le Groupe
RCV a voté contre. Cette attitude a parfois été mal comprise, mais elle était délibérée de notre part dans la mesure où nous ne partageons pas les conceptions financières de la majorité
municipale.
Pour équilibrer ses budgets, le maire a privilégié de faire payer l’usager. Cette attitude s’est traduite par l’augmentation
systématique des taxes (stationnement payant, bibliothèques, frais funéraires…), par des tarifs élevés des services municipaux (crèches, cantines…) et par la non compensation de l’augmentation du
traitement des ordures ménagères.
De même la vente du patrimoine municipal, pour équilibrer les comptes, s’est poursuivie et même accélérée avec des cessions
inopportunes comme la maison Grosos. Les budgets annexes ont aussi augmenté pour soulager le budget municipal. Il faut d’ailleurs noter que la charge de la dette s’est accrue malgré une baisse
générale des taux d’intérêt. Qu’en sera-t-il dans les années qui viennent si les taux augmentent ?
La majorité a profité des transferts de charges à la CODAH pour équilibrer ses comptes. Si, au nom de la solidarité entre les
communes d’un même territoire, l’intercommunalité doit fonctionner, encore faut-il que ne se superposent pas des strates de gestion sans effet sur les charges globales de
fonctionnement.
Enfin, la plupart des grandes réalisations sont majoritairement financées par des concours extérieurs (Conseil Général, Conseil
Régional, Union Européenne, Etat, CAF…). Ainsi, la réhabilitation urbaine des quartiers, le fonctionnement des associations sociales, de loisirs, éducatives…, ou les actions d’accompagnement
ont-elles été largement subventionnées par les collectivités ou les organismes extérieurs.
La politique municipale au Havre est donc lourdement tributaire de partenaires qui peuvent, au gré d’une nouvelle politique de
rigueur, se désengager ou bien modifier les priorités de leur action."
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