Le Havre à gauche
Afin de proposer un voeu au Conseil Municipal, nous avions rencontré les syndicats puis rédigé un projet de texte mettant très directement en cause le Président du Conseil d'Administration du GHH, qui n'est autre que le maire du Havre. Présenté au PS et au PCF, ce texte a fait l'objet de nombreux amendements qui au fur et à mesure des lignes tent à atténuer la responsabilité majeure du Président du CA dans le déficit actuel.
Question : pourquoi le PS et le PC ont ils tant insisté pour "arrondir" les angles du texte ?
Réponse : parce que des élus socialistes et communistes siègent au CA du GHH et qu'ils refusent d'être mis en cause dans les choix réalisés aujourd'hui !
L'argument à développer est pourtant simple : quand on est dans l'opposition, on ne dispose pas des mêmes informations que le président du Conseil d'Administration !
Aussi, pour favoriser le rassemblement de toute la gauche et soutenir plus efficacement les personnels et les syndicats du GHH, nous avons décidé de signer le texte final.
Je vous livre donc le texte initial et à la suite, le texte déposé.
Lors du Comité Technique d’Etablissement du 24 septembre 2007, le Directeur du Groupe Hospitalier du Havre a annoncé la suppression de 547 emplois sur 5 ans par le non-remplacement de départs à la retraite, par l’incitation aux départs volontaires et par la renégociation de l’accord local sur les 35 heures.
Cette situation serait due à la dégradation depuis plusieurs années des finances du GHH puisque, après un déficit de 15 millions d’euros en 2006, l’établissement en connaîtrait un autre estimé entre 22 et 25 millions d’euros pour 2007. Le déséquilibre financier pourrait poser de graves difficultés à la mise en service du Pavillon Femme-Mère-Enfant dont le coût de fonctionnement n’est pas encore précisément estimé. Les perspectives pour le GHH apparaissent donc particulièrement sombres :
- Hausse du déficit jusqu’à près de 70 millions d’euros fin 2008,
- Arrêts des investissements,
- Créanciers mal payés,
- Effectifs en chute libre,
- Recrutement difficile de nouveaux médecins,
- Saisine de la Chambre Régionale des Comptes et mise sous tutelle de l’administration de l’établissement.
Il paraît difficile que le GHH en soit arrivé à une telle situation catastrophique, sans que les responsables (Direction et Président du Conseil d’Administration) n’en aient eu conscience ou en aient été informés. De plus, alors que l’Hôpital public connaît des heures sombres, les cliniques privées se développent et se voient offrir des conditions d’installation particulièrement favorables.
Bien sûr, chacun connaît les handicaps du GHH (ce n’est ni un CHU, ni un CHR ; la dispersion des sites ; la difficulté de pourvoir les postes médicaux ; l’état sanitaire de la population…), mais les responsables ne semblent pas avoir une vision globale et cohérente des besoins médicaux du Havre et de sa région et des moyens de les satisfaire.
Encore une fois, c’est le personnel qui fait les frais d’une politique nationale et d’une gestion locale désastreuses.
Le Conseil municipal du Havre :
- dénonce les responsabilités du gouvernement, de la Direction locale et du Président du Conseil d’Administration dans la situation actuelle du GHH ;
- refuse que le personnel soit la seule variable d’ajustement pour combler le déficit financier ;
- demande que le Ministère de la Santé et l’Agence Régionale de l’Hospitalisation soient impliqués dans la recherche de solutions financières ;
- demande qu’une Conférence de la Santé de l’Estuaire soit réunie impliquant les intervenants médicaux publics et privés, les collectivités locales et territoriales, les ministères concernés, les syndicats et les associations représentant les usagers.
Voeu commun à toute la gauche
Radical – Citoyen – Verts – Socialiste - Communiste
Le Groupe hospitalier du Havre se trouve dans une situation financière critique : le déficit de 12 millions d’€uros constaté fin 2006 devrait atteindre 23 m€ en 2007 et 80 M€ en déficits cumulés pour 2012. Il paraît étonnant que le GHH en soit arrivé à une situation aussi catastrophique sans que les responsables, direction et ministère de la santé, en aient eu conscience ou en aient été informés, alors que les cliniques privées se développent sur le territoire et se voient offrir des conditions d’installation particulièrement favorables.
Les perspectives pour le Groupe Hospitalier sont donc sombres :
- arrêt à terme des investissements sans lesquels un établissement ne peut fonctionner normalement,
- retards dans les règlements des fournisseurs,
- pertes d’effectifs,
- recrutement difficile de nouveaux médecins,
- menace d’une mise sous tutelle de l’établissement.
Lors du Conseil d’Administration du 25 septembre 2007, le Directeur Général du Groupe Hospitalier a présenté un plan de redressement de l’établissement en trois points :
- suppression de 547 emplois sur 5 ans par le non-remplacement de départs en retraite et l’incitation aux départs volontaires, et renégociation de l’accord salarial sur les 35h.
- nouvelle refonte de l’organisation des services dans la perspective du transfert de services de Flaubert vers Monod
- affirmation des ambitions dans les disciplines phare, notamment avec le futur Pavillon Femme-Mère-Enfant.
Mais jamais un plan dit « de retour à l’équilibre financier », ce qu’il n’est d’ailleurs pas et de très loin– ne pourra combler les vrais handicaps du Groupe Hospitalier qui sont tout autres :
- l’hôpital public n’étant ni un Centre Hospitalier Universitaire ni un Centre Hospitalier Régional, il peut difficilement attirer des médecins durablement sans compensations ou perspectives,
- l’établissement, faute de moyens humains et financiers, est mis en difficulté pour répondre aux missions de santé publique sur son territoire,
- la généralisation de la T2A (tarification à l’acte), ne pourra qu’aggraver la situation dans les conditions d’insuffisance de personnels médicaux et donc d’actes.
Après le diagnostic organisationnel récemment réalisé sous l’autorité du ministère, il reste à établir le diagnostic partagé des missions de santé publique qui relèvent du Groupe Hospitalier et des moyens humains et financiers nécessaires pour une prise en compte des besoins médicaux de la région havraise.
Le Conseil municipal du Havre :
- renvoie le gouvernement, la direction locale, la CME et le Conseil d’Administration à leurs responsabilités respectives dans la situation actuelle du GHH,
- refuse que le personnel soit la variable d’ajustement pour combler le déficit financier et que les usagers en subissent les conséquences,
- demande que la généralisation de la nouvelle tarification à l’acte, dans les conditions actuelles de fonctionnement du Groupe Hospitalier, soit reportée et que les Missions d’Intérêt Général soient réévaluées,
- rappelle qu’en limitant l’augmentation des budgets hospitaliers à un niveau inférieur à l’évolution des dépenses, les déficits ne pourront que s’aggraver, sauf à réduire les moyens de l’hôpital,
- demande qu’une Conférence de la Santé de l’Estuaire soit réunie, pour aboutir à un diagnostic partagé, impliquant les intervenants médicaux publics et privés, les collectivités locales et territoriales, les ministères concernés, les syndicats et les associations représentant les usagers.
Mar 23 oct 2007
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